Soyons sérieux, jouons !

Publié le 07 Feb 2010

Le jeu sérieux est-il un nouvel Eldorado ? On pourrait le croire en observant le nombre de conférences et évènements consacré au sujet en 2009, ou en regardant le succès remporté par l’“appel à projets” du ministère de l’Economie numérique lancé sur le sujet.

Mais le succès des jeux sérieux n’est pas pour autant acquis ! Aucun jeu sérieux n’est encore apparu dans le top des ventes. D’ailleurs, dans cette proposition de jeux sérieux, n’y-a-t-il pas une contradiction dans les termes ? Le propre du jeu n’est-il pas de subvertir les catégories sociales en vigueur ? N’est-il pas plus habité par l’esprit du carnaval que par celui de l’école ? Qu’est-ce qui est “‘nouveau” dans ce concept ? Les “jeux éducatifs” existent depuis toujours. Et pas seulement depuis l’edutainment des années CD-Rom, ces jeux parascolaires qui allaient permettre aux enfants d’apprendre tout en se divertissant – edutainement dont les actuels promoteurs du jeu sérieux souhaitent d’ailleurs s’éloigner.

Qu’y a -t-il de nouveau, alors ? Avant tout, le jeu devient une activité “sérieuse” : autrement dit, elle s’adresse largement autant aux adultes qu’aux enfants. Il ne s’agit plus de faire du parascolaire, de mettre un nez de clown pour faire passer la pilule de la leçon sur le complément d’objet. L’actuelle vogue des “jeux sérieux” doit beaucoup à la montée en puissance des ordinateurs et à la perfection des simulations. Du coup, le jeu sérieux quitte l’école pour investir d’autres domaines. L’entreprise, bien sûr, mais aussi la santé, voire l’action militante, car certains de ces jeux ont moins pour ambition d’éduquer sur un sujet que faire passer des idées : c’est ce qu’on appelle les “jeux persuasifs”.

Mais le progrès technologique ne résout toujours pas la difficulté, le paradoxe du “jeu sérieux” : une simulation n’est pas un jeu, comme nous le rappelle Second Life ! Or, la dimension ludique reste nécessaire pour permettre l’immersion : on ne s’investira pas dans la meilleure des simulations si l’on s’y ennuie à mourir.

De fait, l’une des conditions fondamentales du jeu est qu’on y entre de son plein gré et qu’on peut en sortir quand on le désire. Le seul pouvoir de fascination du jeu est suffisant pour retenir le participant dans ses rets. C’est la théorie du “cercle magique”, formulée par Johan Huizinga dans son classique Homo Ludens, écrit en 1938. A l’intérieur du cercle, on est dans le jeu. En dehors, on ne joue pas, quoiqu’on fasse. A bien y regarder, il semblerait pourtant que le jeu sérieux, par son nom même, constitue une brèche dans le cercle magique.

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2 Réponses à “Soyons sérieux, jouons !”

  1. Kamel LAMA dit :

    HUIZINGA (1939) faisait remarquer : “dans notre conscience, l’idée de jeu s’oppose à celle de sérieux”.
    D’ailleurs, lors de sa nomination comme recteur de l’Université de Leyde en 1933, il
    choisit pour thème de son discours solennel :”les limites du jeu et du sérieux dans la culture”.
    Paradoxalement, l’utilisation du jeu pour former des adultes n’a rien de nouveau : JM ALBERTINI (1992) fait remarquer que sous la Révolution Française, on eu recours à des jeux pour expliquer ses nouveaux droits au nouveau citoyen.
    Pourtant, les caractères de “gratuité”, “liberté”, “improvisation” sont mal acceptés dans une société qui exclut, plus ou moins consciemment, la possibilité pour l’individu adulte de “se mettre entre parenthèse”.
    Le jeu semble totalement opposé aux valeurs reposant sur l’effort et une certaine ascèse. On retrouve cette conception , encore de nos jours, dans les pratiques de formation, apprendre étant assimilé à un effort certes profitable à terme mais nécessairement éloigné de l’idée de plaisir.
    Pourtant, le jeu apparaît comme mieux adapté, sur le plan pédagogique, aux adultes, qu’il responsabilise et rend acteur, que la pédagogie traditionnelle, qui au contraire les (re)met dans une position infantilisante, celle de l’école !

  2. linda dit :

    je pense aussi que les jeux internet développent l’intelligence,
    enfin certains. Evidemment les jeux de baston où le cerveau ne
    sert plus qu’à tirer sur d’infâmes monstres n’apportent rien.
    Par contre quand je joue à certains jeux de lettres, ou , mieux
    quand je vois mes enfants y jouer (14 et 11 ans) je suis hyper
    fière. On se retrouve souvent syr un jeu en réseau qui
    s’appelle http://www.alphacite.fr. Et ma fille de 14 ans me bat souvent
    : grâce à ce jeu elle a une culture incroyable. Elle joue surtout
    au Thémix, un jeu de connaissances et moi je préfère les jeux de
    lettres, surtout un où on doit trouver des mots à partir d’un tirage
    de lettres. On aime aussi certains jeux d’Arte. C’est génial , grâce
    à ces sites, de pouvoir jouer en famille. Bon il faut au moins deux PC

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